Namensartikel

Faisons du numérique un nouvel élan pour le couple franco-allemand

LE CERCLE/POINT DE VUE - Mettons sur pied une initiative franco-allemande pour soutenir nos start-up. Elle pourrait être dotée d'un montant de 1 milliards d'euros.

Datum: 13.12.2016

L'amitié franco-allemande a permis le merveilleux rapprochement de nos peuples, qui est l'un des grands acquis de civilisation en Europe. Mais aussi importantes qu'aient pu être les réussites passées, elle se mesure aussi à son avenir, à ses promesses qui doivent porter leurs fruits pour les citoyens en France et en Allemagne. Elle se mesure à la capacité de nos pays à être le moteur de l'Europe, même à l'ère du numérique.

Il est donc indispensable que nous développions notre partenariat, plus particulièrement dans le domaine du numérique, qui transforme si durablement notre économie et notre société. L'Europe doit être en mesure d'écrire sa propre histoire pour la nouvelle ère des machines. Une histoire qui ne copie pas la Silicon Valley mais la comprend, et qui repose sur nos forces et nos valeurs.

Numériser l'industrie

Cela concerne notre puissance industrielle. En France et en Allemagne, plus de dix millions de personnes travaillent dans l'industrie manufacturière. Elles ne doivent pas avoir le sentiment que leur emploi n'est qu'un pion malmené par la mondialisation et la numérisation. Nous devons donc continuer de façonner activement la transformation numérique de notre industrie. Beaucoup de choses ont d'ores et déjà évolué dans ce domaine des deux côtés du Rhin, s'agissant de questions techniques comme la standardisation, mais aussi dans les esprits. Nos entreprises savent construire des machines. Elles n'ont nul besoin de recruter des ingénieurs à l'étranger, ce qui constitue un net avantage pour notre site.

Le «cloud computing» représente un élément central pour la réussite de la transformation numérique et ce non seulement dans l'industrie. Dans ce domaine, nous souhaitons unir nos forces avec l'initiative franco-allemande pour un Trusted Cloud Label. Nous voulons porter ce projet à un niveau européen afin que nos entreprises ne soient pas toujours dépendantes de groupes californiens lorsqu'elles ont besoin de solutions de cloud.

Et nous devons travailler sur un autre de nos atouts: l'encouragement de nos techniciens et «bricoleurs». L'Allemagne et la France ont toutes deux une longue tradition d'inventeurs de renom. Certains groupes, comme Siemens, par exemple, ont débuté au XIXe siècle comme start-up, même si on les appelait différemment à l'époque. Actuellement aussi, notre culture de création d'entreprise est impressionnante. Paris et Berlin comptent parmi les métropoles de start-up les plus attrayantes en Europe. Toutefois, en comparaison internationale, nous manquons surtout de capital-risque pendant la phase de croissance.

Education au numérique

En Allemagne, nous avons créé avec le Fonds européen d'investissement (FEI) un fonds de plus de 500 millions d'euros, qui investit avec d'autres dans des start-up. Cette approche mérite d'être étendue à d'autres marchés européens. Les Français encouragent, eux aussi, déjà activement les start-up. C'est dans ce domaine que le prochain projet emblématique pourrait voir le jour.

Nous pourrions mettre sur pied une initiative de croissance franco-allemande dotée d'un volume total de 1 milliard d'euros. Mais l'étape peut-être la plus importante pour la transformation numérique ne s'opère pas au niveau des machines, mais des personnes. L'éducation numérique constitue la principale tâche de la nouvelle ère. L'enjeu n'est pas seulement de maîtriser la technique mais de pouvoir s'autodéterminer et s'émanciper dans un monde en réseau porté par les données.

C'est pourquoi nous soutenons de nombreuses initiatives sur l'éducation numérique et la souveraineté des données. Et c'est aussi pourquoi je salue la coopération conclue entre l'université technique de Munich et l'Institut des Mines-Télécom en vue de fonder une académie franco-allemande.

Source: LesEchos.fr le 13.12.2016

weitere Informationen zum Thema